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Le combat et l’espoir sous l’œil de la caméra

Miguel Gauthier

Miguel Gauthier,
étudiant du programme Communication multimédia

Deux minutes trente secondes. Un court-métrage. Une personne derrière la caméra et une seule autre devant. 

Tels sont les piliers du documentaire réalisé par Miguel Gauthier. Sur le point d’obtenir son diplôme en communication multimédia à l’Université de Saint-Boniface (USB), le jeune étudiant originaire de Saint Claude a ainsi su créer un film à la fois humain et audacieux.Et en filigrane, une maladie : la sclérose latérale amyotrophique neurodégénérative (SLA).

Participant au Festival du Film Étudiant de Québec qui a eu lieu du 14 au 16 mars 2014, Miguel Gauthier a attiré l’attention de ses pairs avec son documentaire minimaliste intitulé Victor Perrin, un travail d’un mois et demi réalisé en parfaite autonomie, du scénario initial à la post-production finale.

« Me rendre à Québec et visionner mon film parmi plusieurs centaines d’autres travaux, c’était une vraie expérience, raconte-t-il. Il y avait là-bas des œuvres formidables réalisées par des équipes de professionnels. C’était une vraie réussite pour moi de voir mon film présenté à côté des leurs. »

D’ailleurs, le sujet choisi par le jeune homme a suscité son lot de réflexion et d‘émotions. En effet, le temps du court-métrage, Miguel Gauthier plonge le public dans l’univers de Victor Perrin, son beau-père, qui est atteint de SLA, une maladie dégénérative du cerveau qui prive progressivement le malade de ses capacités à se mouvoir et à communiquer, avant de le priver de sa vie. Encore aujourd’hui, cette maladie laisse les médecins et les proches dans le plus grand désarroi, contraints d’accepter l’inéluctable.
« Je connaissais évidemment déjà la réalité de cette maladie, car j’ai une relation proche avec mon beau-père, explique Miguel Gauthier. Mais c’est grâce à l’entrevue que nous avons menée ensemble pour mon court-métrage que nous avons pu avoir une conversation que nous n’avions jamais eue avant. J’ai pu mieux comprendre ce qu’il ressent chaque jour. »

« Il s’agissait pour moi de montrer concrètement sa vie au quotidien, comment il fait pour exécuter toutes ces tâches élémentaires sur lesquelles la plupart d’entre nous ne se questionnent pas », précise-t-il.

Ce documentaire profondément touchant met en lumière la vie dans ce qu’elle a de plus cruel et de plus beau. D’une part, il y a la maladie, la souffrance et la mort, cette épée de Damoclès impossible à écarter. D’autre part, il y a l’espoir, la joie quotidienne et le bonheur de goûter au présent.

« Avoir son témoignage à lui, sa conception de la vie, c’était ce qui me paraissait le plus riche et le plus touchant. Et le fait que ce soit lui le narrateur de sa propre histoire, qu’on l’entende et qu’on le voie, qu’il interagisse avec les autres, c’est une façon de donner espoir », conclut-il.

Publié : mai 2014

 

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