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L’art et la manière de saisir l’émotion

Chargée de cours du programme de Communication multimédia à l’Université de Saint-Boniface (USB), Danielle Sturk est passionnée de l’art visuel sous toutes ses formes et toutes ses couleurs. Armée de ses chaussons de danse ou de sa caméra, cette réalisatrice indépendante a su se tailler une solide réputation au Manitoba, ainsi qu’à Vancouver, Montréal, New York et ailleurs.

Aujourd’hui, c’est une nouvelle récompense nationale qui vient paver le parcours d’ores et déjà brillant de l’artiste. Au mois de mars, Danielle Sturk a eu le privilège de participer à la 32e édition du Festival International du Film sur l’Art de Montréal. Sélectionnée par le Conseil des arts du Canada avec six autres vidéastes seulement afin de réaliser des vidéos des lauréats 2013 des Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques, Danielle Sturk s’est ainsi lancée dans une aventure inédite. 

Danielle Sturk« Il s’agissait d’une expérience nouvelle pour moi, explique-t-elle. Pour la première fois, je devais capter par mon travail l’art de quelqu’un d’autre, celui de Rebecca Belmore. Il s’agissait donc de superposer deux visions artistiques, de respecter l’œuvre de la lauréate tout en y imprimant ma propre perspective. »

Trois semaines après la rencontre entre les deux femmes, Treaty Number Three était né, un court-métrage de quatre minutes. Mais plutôt que de se réapproprier les œuvres vues et revues de Rebecca Belmore, c’est le processus de création, la manière dont l’artiste imagine et met en forme que Danielle Sturk a choisi d’immortaliser sous l’œil de son objectif. 

Pourtant, Danielle Sturk n’a pas fait ses débuts en cinématographie. C’est vers la danse que l’artiste s’est tout d’abord tournée, une profession qu’elle a exercé entre 1986 à 1997 en voguant du style classique au moderne et passant par le genre latino-américain avec la compagnie de danse Graffiti Tango qu’elle a contribué à fonder. « La danse était ma passion et j’ai dû l’abandonner, constate Danielle Sturk sans regret. Il est impossible de vivre de ce métier en étant mère, il est bien trop instable. »

« Mais tout ce temps passé à m’occuper de ma famille m’a beaucoup apporté, continue-t-elle. J’ai eu le sentiment de retenir mon souffle pendant de nombreuses années, mais j’apprenais aussi à mieux observer, à prêter davantage d’attention au monde autour de moi. Aujourd’hui, je peux de nouveau ressentir le bonheur de toucher à la limite physique de mon art. »

De fait, c’est vers le septième art que Danielle Sturk s’est enfin tournée. « Le cinéma appartient au domaine des arts visuels, explique Danielle Sturk. Mais il possède ce caractère plus accessible, peut-être moins abstrait, que ce que permet de faire la danse. Grâce à cela, je continue de pouvoir m’exprimer de façon créative tout en me consacrant à ma famille. »

Mère de quatre enfants, l’artiste dépense aujourd’hui son trop-plein d’énergie entre l’enseignement de cours en communication multimédia à l’USB et la postproduction de son documentaire intitulé Toward Light : Dancing with Rachel Browne, qui retrace la vie fascinante de la chorégraphe Rachel Browne. 

Publié : mai 2014

 

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