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Une volonté, un combat, une affirmation

Avocate d'origine métisse et anishinaabe, Aimée Craft a su élever ses idéaux au rang de vocation. Fière de son identité plurielle et animée par un esprit de justice, c’est dans sa profession comme dans le reste de sa vie qu’elle fait résonner ses valeurs.

« D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu devenir avocate, raconte Aimée Craft. J’ai toujours eu à cœur les valeurs de la justice et de la vérité, elles m’ont poussée à faire ce que je fais aujourd’hui. »

aimée craft 2014
Aimée Craft, diplômée de l'USB

La jeune Franco-Manitobaine originaire de Giroux n’a ainsi jamais quitté le chemin que son cœur traçait pour elle. Dès la fin de ses études secondaires, Aimée Craft s’est lancée sans hésitation à l’Université de Saint-Boniface (USB). Fière d’étudier dans un milieu intégralement francophone, elle a occupé le rôle d’ambassadrice en chef de l’Université trois années consécutives. Son baccalauréat en latin et philosophie en main, elle s’est ensuite dirigée vers Ottawa pour obtenir un baccalauréat en droit. Là-bas, loin de ses origines, loin de ses terres natales, un déclic s’est opéré dans son cœur.

« C’est à Ottawa que j’ai eu mon véritable coup de cœur pour le droit autochtone, raconte Aimée Craft. Je me trouvais dans un cours où l’enseignant s’interrogeait sur l’identité métisse dans un contexte où la Cour Suprême elle-même cherchait à la définir. Très vite, j’ai ressenti le besoin de m’opposer à ce qui se disait, je ne me reconnaissais pas dans les discours de ma classe.

« Cela a été comme le déclencheur d’une passion, continue-t-elle. Le fait de devoir expliquer lorsqu’on est loin de chez soi ce qui constitue son identité, ce qui fait partie de soi, cela renforce qui l’on est vraiment. »

Dès lors, Aimée Craft trace son chemin à la vitesse grand V. Détentrice d’une maîtrise en droit autochtone, la jeune avocate est de retour au bercail où elle s’engage à défendre les peuples autochtones, à enseigner leur histoire et à écrire sur leurs luttes et leurs victoires.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette voie lui réussit. Nominée à deux reprises cette année lors des Prix du livre du Manitoba, c’est avec le trophée du meilleur premier livre de langue anglaise qu’elle repart finalement. Publié en 2013, sa publication Breathing Life into the Stone Fort Treaty : Understanding Treaty One from an Indigenous Legal Perspective est un travail de 18 mois, de réflexions autour des négociations lors de la signature du Traité numéro un de 1871 entre la Couronne et les Autochtones du Manitoba et vient  souligner les intentions et les valeurs sous-jacentes à ce traité fondamental.

Pourtant, son parcours brillant et singulier ne surprend personne d’autre qu’elle-même. « À l’USB, j’ai croisé mon ancien professeur d’histoire, Luc Côté, raconte Aimée Craft. C’était très intéressant, car pour lui, je n’ai absolument pas changé. Déjà à l’USB, m’a-t-il dit, j’étais une passionnée d’histoire et j’avais une idée claire de qui étaient mes ancêtres et de ce que je leur devais. Je ne pensais pas que déjà à l’époque c’était aussi évident! » 

Publié : juillet 2014

 

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