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Combattre les superbactéries

Le chercheur de l’Université de Saint-Boniface (USB), Mathias Oulé, n’est plus qu’à une étape d’obtenir de Santé Canada l’autorisation de commercialiser le produit de ses recherches, l’Akwaton.

USB – Mathias OuléMathias Oulé, microbiologiste et professeur à l’USB

 

Depuis plus de dix ans, Mathias Oulé et son équipe de recherche composée de Michael Dickman, Anne-Marie Bernier, Mona Friesen et Julie Gauvin, ainsi que de nombreux étudiants au fil des ans, travaillent à reproduire et à déterminer les propriétés et les applications possibles de la molécule naturelle Akwaton, de la famille des polymères de guanidine, découverte en Pologne au début des années 2000.

« D’autres membres de cette famille sont déjà utilisés, par exemple pour faire des rince-bouches, alors on s’est dit qu’on pourrait peut-être aussi tirer quelque chose de bon de l’Akwaton », explique Mathias Oulé.

Après avoir découvert comment reproduire l’Akwaton artificiellement, que ce produit était microbicide, tuant même les superbactéries, et comment il s’attaquait aux cinq types de microbes, Mathias Oulé a approché Santé Canada en 2012 pour mettre sur le marché ce produit qui pouvait notamment « résoudre le problème des maladies nosocomiales », souligne le chercheur.

Santé Canada a alors exigé des tests sur des cellules animales, puis humaines, pour bien vérifier les effets annoncés.

« On a travaillé sur des cellules pancréatiques et musculaires de rats, précise Mathias Oulé. On a comparé l’Akwaton avec plusieurs désinfectants connus sur le marché, et on a vu qu’alors que notre produit ne tuait que 20 % des cellules de l’animal, les autres produits en tuaient entre 90 et 100 %! Notre produit était donc beaucoup moins dangereux pour l’animal.

« Aujourd’hui, on essaye l’Akwaton sur des cellules humaines de peau, de foie, de poumon et de rein qu’on a faites pousser, poursuit-il. Si elles résistent aussi, ce sera la preuve que notre produit, qui s’attaque aux microbes les plus résistants, ne fait pas de mal au corps humain! »

En dehors des hôpitaux, ce produit facile à reproduire et peu couteux pourrait également être utilisé en agriculture, dans le domaine pharmaceutique, notamment pour traiter la peau, ou encore comme désinfectant, savon, rince-bouche ou shampoing.

« On espère que l’approbation de Santé Canada pour la commercialisation de l’Akwaton ne tardera pas trop après les résultats des tests sur les humains, confie Mathias Oulé. Mais quand il s’agit de la santé, ça prend parfois du temps! »

Par ailleurs, ce test scientifique des effets de l’Akwaton sur les cellules animales a été choisi pour illustrer la couverture du journal mensuel scientifique Journal of Medical Microbiology en janvier 2015.

« C’est un grand honneur quand ta recherche est choisie pour faire la Une du Journal of Medical Microbiology!, se réjouit Mathias Oulé. Ça montre à quel point ton travail est apprécié.

« De plus, le contenu de ce journal est vraiment pris au sérieux dans le monde scientifique », conclut le chercheur avec fierté.

Publié : avril 2015

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