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Réflexion sur les anglicismes

Roxanne Lemoine s’est récemment penchée sur la question de l’anglicisme au Canada. L’étudiante, qui a suivi à l’automne 2014 le cours sur l’évolution de la langue à l’Université de Saint-Boniface (USB), a présenté lors de la 11e édition de la Journée du Savoir à l’USB son étude L’anglicisme au Canada : un phénomène de l’emprunt linguistique.


Roxanne Lemoine, participante à la Journée du Savoir 


« J’ai choisi ce sujet, car on avait un peu parlé des emprunts linguistiques en cours, mais on ne s’y était pas attardé, explique l’étudiante. Ça m’intéressait, car l’anglicisme est très présent au Canada! Je viens de Sainte-Agathe et j’ai toujours vécu avec l’influence de l’anglais. »

Sa recherche lui a permis de confirmer que « c’est important de parler de l’anglicisme, surtout pour ceux qui travaillent dans le domaine de la langue, comme les enseignants. Il faut bien distinguer ce qui est correct et accepté dans l’emprunt linguistique de ce qui n’est pas correct ou trop familier », affirme Roxanne Lemoine.

Pour sa part, la jeune originaire de Sainte-Agathe a pris conscience de ce phénomène de l’anglicisme en entrant à l’USB quand elle s’est rendu compte qu’elle se servait beaucoup d’expressions anglaises, à l’oral, mais aussi beaucoup dans ses écrits.

Dès lors, cette question l’a de plus en plus intéressée. « Ça a changé ma perception sur comment je m’exprimais », indique-t-elle.

Son travail de recherche lui a cependant montré que l’anglicisme est un processus normal, graduel et naturel. « On ne devrait pas être critiqué pour ça, car c’est notre culture, notre façon de parler, à moins que le domaine de la langue soit notre métier ».

Cependant, Roxanne Lemoine note que l’anglicisme, même s’il est naturel, peut quand même engendrer des problèmes de compréhension. « Les anglicismes sont différents entre la France, le Québec et le Manitoba, a-t-elle constaté. D’autres francophones pourraient ne pas comprendre. »

Ces différences ont ensuite le potentiel de déclencher une confusion créatrice d’insécurité linguistique, donc mieux vaut être vigilants. Sans compter le risque de mal utiliser des mots tirés de l’anglais.

« L’anglicisme a certes des désavantages, conclut-elle, mais il a aussi des avantages! Ça permet d’abord de combler les lacunes d’une langue. En améliorant notre vocabulaire, on peut mieux décrire des réalités spécifiques. Ça permet aussi de moderniser notre lexique, de rendre notre langue plus variée, plus colorée, plus vibrante. »

Publié : avril 2015

 

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