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Mordue de l’écriture

Lise Gaboury-DialloFinaliste du prix Rue-Deschambault, Lise Gaboury-Diallo fait encore une fois la fierté de l’Université de Saint-Boniface où elle enseigne depuis 1984. Du statut d’étudiante à celui de professeure en études françaises, langues et littératures, la Franco-Manitobaine a suivi un chemin plein de rebondissements.

 


« Quand je suis arrivée ici au secondaire, c’était la première année qu’ils ouvraient aux filles, se souvient-elle. Je suis ensuite devenue étudiante en éléments latins ici. Après ça, j’ai quitté le Manitoba pour aller faire mon doctorat à Paris. »

Selon elle, c’est par un concours de chances et de circonstances qu’elle occupe aujourd’hui un rôle clé dans le corps professoral de l’Université. L’histoire est en effet cocasse : alors qu’elle habitait au Sénégal avec son mari, elle a décidé de passer des vacances au Manitoba pour présenter sa fille nouvellement née à son père. La veille de son départ, l’USB lui a proposé d’y enseigner.

30 ans plus tard, elle habite toujours au Manitoba et enseigne avec un savoir inégalé et une motivation de passionnée de la littérature francophone. Riche de ses expériences internationales, elle explore donc tous les écrits francophones des Antilles à l’Afrique noire, en passant par le Maghreb.

« Avec de la chance, j’ai pu me tailler une place à l’Université, confie-t-elle. La plupart de mes collègues étaient mes anciennes professeures et ça m’a pris beaucoup de temps pour être capable d’accepter que j’étais professeure aussi, et que je pouvais tutoyer mes collègues! »

Quand elle regarde aujourd’hui l’USB, elle remarque que de nombreux changements ont eu lieu à tous les niveaux. « Physiquement, on a beaucoup grandi, constate-t-elle. Notre corps professoral a évolué, on offre beaucoup plus de programmes et notre clientèle estudiantine a énormément changé. Quand j’étais étudiante, on n’avait que des étudiants franco-manitobains. Au fil des années, on a eu de plus en plus d’élèves provenant de l’immersion et depuis beaucoup plus récemment, on a une très belle présence internationale. On a une plus grande présence du Québec, de la Belgique, de la Saskatchewan, de l’Afrique ou encore d’Haïti. C’est une interaction multiethnique très intéressante. »

Lise Gaboury-Diallo est aussi une mordue de l’écriture. Mais comme n’importe quelle écrivaine, soumettre son premier texte a été toute une étape à franchir. « Quand mon fils avait sept ans, j’ai enfin soumis mon premier texte, raconte-t-elle. On m’a beaucoup poussée dans le dos. Les Éditions du Blé fêtaient leurs 25 ans et ils voulaient lancer un recueil des auteurs de la relève. J’avais soumis quelques textes de poésie et ensuite ils m’ont rappelée pour faire un recueil. »

Le recueil Subliminal est alors sorti en 1999. Et comme elle le dit si bien, une fois que Lise Gaboury-Diallo a osé sortir les textes qui dormaient dans son placard, elle était lancée. De recueil en recueil, elle s’est finalement lancée dans un autre genre, celui de la prose. C’est donc avec Lointaines que Lise Gaboury-Diallo nous emmène dans un univers empreint de nostalgie africaine et de voyages.

Cette passion pour l’écriture, elle essaye de la transmettre à ses étudiants au quotidien. Dénicheuse de talents, elle a d’ailleurs introduit à l’Université des cours de création en théâtre et en poésie, histoire de donner une tape dans le dos aux étudiants qui veulent se lancer dans l’écriture!tunité d’approfondir une compétence langagière et j’ai été très impressionnée par l’accueil, les valeurs et la sensibilité du personnel. Ce dernier sait prendre soin de ses étudiants. »

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