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Solidaire à travers les âges

profil - Aimé GobinC’est avec émotion qu’Aimé Gobin évoque son passé d’étudiant à l’Université de Saint-Boniface, alors appelée Collège de Saint-Boniface. Son expérience a changé sa perception du système éducatif et de l’enseignement de la langue française. 

Aimé Gobin est de ceux qui, derrière une apparente timidité, dissimule un récit de vie des plus passionnants. C’est au sein du Collège de Saint-Boniface, alors réservé aux garçons et dirigé par les Jésuites, que cet homme originaire de Saint-Claude a passé la majeure partie de son enfance et de son adolescence dans les années 1930 et 1940. Son parcours scolaire n’a toutefois pas été sans difficultés.

« Mes parents étaient agriculteurs, alors ils n’avaient pas les moyens de financer mes études, confie Aimé Gobin. Heureusement, j’ai eu de la chance et j’ai pu bénéficier de l’aide de l’Œuvre des bourses du Collège de Saint-Boniface. C’est ce qui m’a permis de poursuivre mes études. »

«  Je me souviens encore qu’à l’époque, pour essayer de renflouer les caisses du Collège, on allait régulièrement dans les paroisses avec mes amis pour faire des quêtes, raconte-t-il dans un sourire. Et puis, du fait de notre accent, on nous appelait les Gaulois. C’était vraiment de bons moments. »

« En quatrième année, ajoute-t-il, j’ai ensuite eu la chance de bénéficier de l’aide de l’Hôpital Saint-Boniface qui m’a logé et nourri pendant plusieurs mois. Je dois beaucoup au Collège de Saint-Boniface, à l’Œuvre des bourses et à l’Hôpital Saint-Boniface. »

Et son affection pour le milieu scolaire ne s’est pas éteinte en grandissant. Bien au contraire, le choix d’enseigner s’est ensuite présenté comme une évidence pour lui et pour son entourage. « Tous mes professeurs me disaient que j’étais fait pour ça », se rappelle Aimé Gobin, un sourire au bord des lèvres. C’est donc à l’Université du Manitoba que le jeune homme a poursuivi ses études en éducation, pour ensuite pouvoir travailler dans le système d’enseignement.

« Au début, j’étais complètement perdu, reconnaît-il. J’avais toujours étudié au Collège où les méthodes d’enseignement étaient très différentes. On s’appuyait sur le latin et le grec par exemple, alors que dans le système public, l’enseignement se faisait en anglais. » 

« Et puis, c’était un contexte très différent de celui d’aujourd’hui, ajoute-t-il. Il y avait un réel besoin de professeurs, car le nombre d’élèves dans les écoles grandissait. » C’est ainsi que cet étudiant brillant s’est lancé dans l’enseignement du français en langue seconde, une discipline à laquelle il restera fidèle pendant plus de 29 ans, jusqu’à sa retraite à l’âge de 55 ans.

Vivant aujourd’hui avec sa famille à Saint-Boniface, il continue à s’intéresser au milieu de l’éducation et depuis plusieurs dizaines d’années, il offre des dons à l’USB. «  Je crois en l’éducation et en particulier, en l’éducation de la langue française, affirme Aimé Gobin. L’USB est très importante à mes yeux, car la langue française est peu reconnue dans l’Ouest canadien. Même à l’intérieur des villages, aujourd’hui, on parle anglais. C’est important d’essayer de préserver ce qu’il reste. »

Publié : octobre 2013

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