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Le goût des autres

Patricia Gendreau et Marcel GauthierÀ 63 ans, Marcel Gauthier et Patricia Gendreau continuent de témoigner leur attachement à l’Université de Saint-Boniface (USB); le reflet d’un amour pour la langue française et d’une passion pour l’enseignement que les années n’ont pas altérés.

Si les deux conjoints ont pris leur retraite il y a maintenant sept ans, cela n’a en effet pas tari leur soif de tout connaître et de tout transmettre. « Après avoir obtenu mon diplôme en éducation à l’USB, j’ai enseigné 25 ans dans les écoles d’immersion, explique Patricia Gendreau. J’ai eu la chance de côtoyer des élèves de la maternelle à la septième année, ce qui t’en apprend vraiment sur la vie. Les jeunes sont pleins de candeur, ils disent les choses comme ils les pensent. Il y a beaucoup de beauté dans cette simplicité. »

« Quant à moi, j’ai été professeur de mathématiques et de sciences pendant près de 30 ans, raconte Marcel Gauthier. J’ai aussi pu enseigner le langage informatique dans les écoles d’immersion grâce à une formation que j’ai reçue à l’Université du Manitoba et à plusieurs cours d’études indépendantes en informatique à l’USB.

« C’est un domaine qui est plein de découvertes et d’imprévus, ajoute-t-il avec un sourire. C’est fascinant de voir l’étincelle de découverte dans les yeux de ses élèves, leur emballement à l’idée de résoudre un problème. »

Gardiens de leur histoire

Patricia Gendreau est une passionnée de la bibliothéconomie, la science de l’information et des bibliothèques, tandis que Marcel Gauthier préfère déchiffrer les programmes informatiques. Ce qu’ils partagent, toutefois, est un vif attachement à la francophonie, un attachement d’autant plus fort que cette langue en milieu minoritaire peine à rayonner auprès des nouvelles générations.

« Nous sommes tous les deux allés à l’USB afin d’améliorer notre pratique de la langue française, explique Patricia Gendreau. Parler deux langues permet de partager avec davantage de personnes et d’établir un vaste réseau. Il n’y a qu’à Saint-Boniface qu’un tel jumelage est possible. »

« Le français m’a aussi permis de développer des connaissances dans certains domaines précis, ajoute Marcel Gauthier. En matière d’informatique par exemple, les Québécois avaient une longueur d’avance sur nous. Quand je suis allé à Montréal, j’ai donc pu converser en français avec les spécialistes là-bas. Ils m’apprenaient la robotique et je leur parlais de programmation. »

Désireux de partager et d’en apprendre toujours davantage, ces deux retraités n’en soulignent pas moins la dimension historique de la langue française. « C’est un devoir de chercher à maintenir le français, affirme Patricia Gendreau. Il fait partie de notre histoire, alors on doit assurer sa survie. Nous avons la responsabilité de le valoriser. »

« Au fond, je m’inspire des propos d’Annette Saint-Pierre, une femme incroyable que j’ai eu la chance de rencontrer quand j’étais plus jeune, confie Patricia Gendreau. Elle m’a appris qu’il ne fallait pas nécessairement vouloir changer mais, au contraire, faire valoir nos habiletés et notre histoire, célébrer ce que nous avons été et ce que nous sommes. »

Donner, recevoir, transmettre

Aujourd’hui, Patricia Gendreau et Marcel Gauthier placent leur confiance en l’USB en choisissant de lui faire un legs testamentaire. Selon le couple, cette décision reflète leur volonté de préserver le français, mais aussi et avant tout, c’est le témoin d’une passion inébranlable pour l’éducation.

« Nous avons tous les deux été récipiendaires de bourses, explique Patricia Gendreau. Aujourd’hui, c’est à notre tour d’aider les nouvelles générations. Tout le monde devrait pouvoir profiter d’une éducation. Ça ne promet pas le succès, mais ça ouvre les portes à une vie meilleure. »

Publié : novembre 2013

 

 

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