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Logés oui, mais à quel prix ?

Les nouveaux arrivants qui choisissent de vivre à Winnipeg n’ont pas toujours la tâche facile quand vient le temps de se trouver un logement.

Une étude réalisée par deux professeurs de l’USB, David Alper et Halimatou Ba, l’agent de projets immigration pour le Consortium national de formation en santé - volet USB, Mamadou Ka, et la gestionnaire de l’Accueil francophone, Bintou Sacko, portait sur le cas des nouveaux arrivants de l’Afrique francophone.

« Avant même de trouver un logement, les nouveaux arrivants connaissent déjà, pour la plupart, de nombreuses difficultés », affirme le professeur David Alper.

Pour en venir à ces conclusions, les auteurs de l’étude intitulée Les immigrants face aux logements à Winnipeg ont effectué des entrevues dans douze familles différentes. Les témoignages reçus étaient parfois très tristes. « Des gens nous ont dit qu’ils faisaient parfois des appels pour visiter des maisons et étaient ensuite refusés quand les propriétaires constataient qu’ils étaient Africains », confie David Alper. D’autres nouveaux arrivants avaient des difficultés à trouver un logement à cause de la taille de leur famille.

Originaire de Montréal, David Alper s’était déjà, par le passé, intéressé à ce sujet dans l’est du Canada. Après cette nouvelle étude qui a duré deux ans, sa conclusion reste la même. « Le Canada a un réel problème de logements sociaux, et c’est plus grave qu’on ne le pense, déplore-t-il. Le logement n’est pas reconnu comme un droit dans notre société. »

L’étude réalisée est basée sur les déterminants sociaux de la santé. David Alper juge inconcevable qu’on néglige la question du logement quand on parle de santé. « Nous avons voulu montrer grâce à notre étude jusqu’à quel point les problèmes de logement peuvent avoir des conséquences sur le bien-être social et sur la santé des personnes », explique David Alper.

Selon l’étude, les nouveaux arrivants francophones font face à trois obstacles différents dès leur arrivée au Manitoba. « Le fait d’être francophones est un tout premier obstacle pour eux. Ensuite, ils sont souvent catégorisés comme étant pauvres et pour finir ils font partie de la minorité visible », précise David Alper.

Le coût du logement est l’une des équations les plus difficiles à résoudre pour les nouveaux arrivants. Selon l’enquête qui a été réalisée, certaines familles mettent la quasi-totalité de leur revenu dans leur loyer. « Une famille d’immigrants de cinq personnes nous a, par exemple, confié que le prix annuel de leur loyer s’élève à 10 200 $, alors que leur revenu familial est de 15 840 $ », souligne David Alper.

Il existe cependant des pistes de solution. Les nouveaux arrivants en ont d’ailleurs proposé eux-mêmes. « Ils ont souhaité que le gouvernement puisse faciliter l’accès à la propriété et qu’il investisse dans les logements sociaux », se rappelle David Alper, qui partage cet avis. « Je crois qu’il faut construire plus de logements sociaux pour répondre à la crise du logement au canada », conclut-il.

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