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Ça tourne à l’USB

Cet été, l’Université de Saint-Boniface va voir débarquer des caméras, des perches de son et des acteurs. Le jeune réalisateur Gabriel Tougas (B. A. 2011) a en effet choisi l’établissement pour réaliser son premier long métrage professionnel, Héliosols, qui est en fait le premier long métrage dramatique indépendant réalisé au sein d’une communauté minoritaire de l’Ouest.

« Avec mon premier film, je veux raconter une histoire fictive en français sans parler du français », explique le scénariste et réalisateur du film, Gabriel Tougas. « Tous les films ou documentaires qui ont été faits jusqu’à présent par des Franco-Manitobains traitent de la francophonie, de notre communauté, de notre langue, culture ou histoire. Je pense que plutôt que d’expliquer qui sont les Franco-Manitobains, il est temps de considérer la francophonie comme naturelle, d’en être fier et de faire un film qui inscrit une histoire fictive dans notre contexte francophone », déclare-t-il.

Le synopsis d’Héliosols met ainsi devant la caméra une jeune étudiante franco-manitobaine à l’Université de Saint-Boniface, interprétée par Janique Freynet-Gagné, elle-même étudiante à l’USB, qui se lance, dans le cadre d’un article journalistique, dans la poursuite de la vérité pour lever le voile sur les fraudes d’une grande compagnie pétrolière.

Il était donc tout naturel pour lui de choisir l’Université comme lieu de tournage. « D’abord, le film met en scène des étudiants franco-manitobains et leur lieu d'étude. Mais c’est aussi bien plus que ça. Mon film et l’Université partagent plusieurs valeurs. Nous voulons tous les deux promouvoir la francophonie de l'Ouest canadien, la jeunesse et toute la culture qui l’englobe », affirme Gabriel Tougas.

« De plus, c’est un moyen pour moi de rendre ce que l’Université m’a donné. Elle m’a offert la chance de m’épanouir en français dans ma jeunesse et maintenant j’ai la chance de pouvoir montrer aux Canadiens à quel point c’est un lieu de vie vibrant d’énergie. Enfin, l’Université est aussi un lieu d’une grande qualité architecturale, très photogénique pour mon film. »
Tous les thèmes abordés dans le film sont aussi au cœur des préoccupations des jeunes citoyens engagés qui peuplent l’Université. 

« Grâce à ce scénario, je peux aborder de nombreux thèmes qui me sont chers, comme l’écologisme et le journalisme, souligne Gabriel Tougas. Je veux avec ce film mettre en lumière une réalité écologique au Canada, soit celle de l’impact environnemental et social des sables bitumineux en Alberta. »

« Le film aborde aussi le thème du journalisme et de l’importance pour les jeunes du Manitoba et d’ailleurs de s’impliquer pour faire vivre le journalisme, un instrument si cher dans notre société », ajoute-t-il. 

« J’espère que ce film pourra encourager une nouvelle génération de jeunes cinéastes en herbe, au Manitoba et dans l’Ouest, et leur montrer qu’il est possible de pratiquer son art et de s’épanouir en situation minoritaire, conclut Gabriel Tougas. C’est tellement important de faire grandir le cinéma indépendant francophone et d’appuyer tout le talent artistique dont nous disposons. Si ça peut motiver les jeunes artistes à suivre leurs rêves comme l’Université de Saint Boniface m’a encouragé à suivre les miens, c’est le mieux que je puisse espérer. »

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