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La masculinité… des garçons s’expriment 

La construction et les codes de la masculinité chez les jeunes Franco-Manitobains d’âge secondaire ont fait l’objet de la thèse de doctorat du doyen de la Faculté d’éducation et des études professionnelles de l’Université de Saint-Boniface (USB), Stéfan Delaquis. 

Image de Darcelle Vigier
Stéfan Delaquis, doyen de la Faculté d’éducation et des études professionnelles

Aujourd’hui, certains résultats de sa recherche ont été publiés dans la revue Reflets : revue d’intervention sociale et communautaire, numéro de l’automne 2015. L’article est intitulé « Construction de la masculinité : de jeunes Franco-Manitobains s’expriment ».

« À l’époque de mon doctorat, la littérature s’inquiétait beaucoup du succès scolaire des garçons et du lien entre l’échec et la construction de la masculinité, explique Stéfan Delaquis. Ça m’intéressait, notamment chez les garçons franco-manitobains en milieu scolaire. »

Stéfan Delaquis souligne toutefois que sa recherche, menée en 2013, est qualitative. Elle étudie le cas spécifique d’une école secondaire francophone où 16 garçons de 11e et de 12e années ont été interviewés. Ses résultats ne sont donc pas généralisables.

« Une étude qualitative est d’intérêt pour mieux cerner ce qui se passe dans un milieu en particulier, comment les garçons construisent leur masculinité dans ce milieu, explique Stéfan Delaquis. C’est un outil plus poussé pour comprendre la culture, pour approfondir les explications des comportements. »

Dans cette école, ce chercheur a identifié cinq groupes à la suite de son étude : deux communautés de pratiques, dont les fêtards et les sportifs, et trois groupes sociaux : les artistes, les studieux et les non-affiliés.

« Chaque groupe représente différemment ce qu’est la masculinité, mais le modèle dominant de masculinité demeure pour tout le groupe des sportifs, affirme-t-il. Les habiletés athlétiques sont toujours une composante fondamentale de la masculinité pour les garçons de ce milieu. »

Ce type de masculinité hégémonique, idéalisé par la majorité des garçons, y compris par ceux qui n’appartiennent pas à ce groupe, peut donc empiéter sur les autres formes de masculinité.

Pour certains garçons, cela peut mener à des refus d’activités qu’ils aiment faire parce qu’elles sont vues comme moins masculines selon les codes de la masculinité dominante. « L’idée de paraitre moins masculin peut être très angoissante et inconfortable pour un jeune du secondaire, commente ce chercheur. Je ne m’y attendais pas autant. »

Aujourd’hui, il appelle les écoles et les familles à faire évoluer les mentalités autour de la masculinité pour que toutes ses formes soient valorisées. Mais pour ce faire, il faut une programmation adaptée et une offre de programmes où les garçons peuvent tous trouver leur place, quel que soit leur type de masculinité.

 Publié : mai 2016

 

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