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Les origines de l'ETP : un besoin à combler

Feu l’abbé Laval Cloutier a été l’acteur principal de la mise sur pied de l’École technique et professionnelle (ETP) de l’Université de Saint-Boniface (USB), qui s’est d’abord appelée le Collège communautaire pendant près de six ans. Cette initiative était une réponse à un besoin criant de la communauté à l’époque : celui de secrétaires bilingues qualifiées ainsi que de teneurs de livres francophones.

Les origines de l'ETP : un besoin à combler.

« Le Collège communautaire a vu le jour afin de répondre aux besoins techniques de la communauté, notamment en secrétariat bilingue, mais aussi en comptabilité de base et en tenue de livres, se souvient le deuxième directeur de l’ETP, qui a succédé à l’abbé Laval Cloutier et professeur de comptabilité dès la troisième année du programme, Normand Collet. Le côté universitaire n’offrait pas ces formations, or la communauté avait besoin de personnes qualifiées dans ces domaines. »

Doyen des trois facultés du Collège de Saint-Boniface (CSB) lors de la mise sur pied du Collège communautaire, Origène Fillion confirme que « nous avions réalisé que tout le monde n’était pas obligé de suivre des cours universitaires. D’autres professions tout aussi nécessaires à la communauté demandaient une formation différente, qu’un Collège communautaire pouvait donner.

« Nous avons donc demandé à l’abbé Laval Cloutier, qui était alors directeur du secondaire au CSB, de quitter son poste pour s’occuper de ce dossier. »

Dans les années 1970, le Red River College était le seul collège de Winnipeg offrant des formations techniques. L’abbé Laval Cloutier s’en est inspiré, ainsi que d’autres programmes en dehors de la province, notamment au Québec.

« Il était un bourreau de travail, se souvient Origène Fillion. Il s’est informé de ce qui se faisait partout ailleurs avant de créer notre Collège communautaire. Ce Collège est donc un amalgame de tout ce qu’il a pu trouver. »

Normand Collet renchérit qu’il avait « de l’enthousiasme. Quand une approche ne produisait pas les résultats voulus, il n’hésitait pas à la changer et à recommencer ».

Se faire une place

« Comme toute nouvelle institution, au début, il a fallu se faire connaitre, se souvient Normand Collet. Et comme on n’avait pas d’argent pour le recrutement, ce sont nous, les professeurs, qui sommes allés de village en village pour recruter. »

La Province a toutefois vite été conquise. « Pour obtenir du financement de la Province, il fallait d’abord faire accepter notre concept, raconte Origène Fillion. On s’attendait à de la résistance, mais on a finalement reçu un accueil plutôt favorable du gouvernement. Tout le monde à la Province a bien compris le besoin, notamment parce qu’il y avait un besoin de secrétaires bilingues là-bas aussi! »

L’acquisition d’ordinateurs a également servi d’argument pour « valoriser l’ETP », ajoute le deuxième directeur. En effet, dès les premières années, le Collège communautaire s’est doté d’un laboratoire informatique de 12 ordinateurs grâce à un octroi du gouvernement fédéral. « On en a fait une priorité, et cela nous a permis d’attirer davantage d’étudiants du secondaire », rapporte-t-il.

Quant à la place de l’ETP au sein de l’USB, elle a en revanche été plus difficile à prendre. Installé dans l’aile ouest du CSB, où était situé l’ancien secondaire du Collège qui venait lui-même de déménager dans l’actuel collège Louis-Riel à Saint-Boniface, le Collège communautaire a mis plusieurs années avant de se sentir intégré au CSB.

Origène Fillion précise que les deux corps étudiants cohabitaient très bien ensemble. « L’accueil a été bon, mais sans intégration car ce concept n’existait pas. À l’époque, on catégorisait beaucoup, partout. Il ne serait pas venu à l’idée du CSB de donner des crédits pour des cours pris au Collège communautaire! Et le fait qu’on avait des administrations et des collations de grades séparées n’a pas aidé. »

Aujourd’hui, l’ETP a pris sa place dans l’Université Saint-Boniface. Les ponts entre les deux institutions sont même de plus en plus encouragés, car les formations sont vues comme complémentaires.

« Les diplômés de l’ETP ont réussi des carrières avec succès, ce qui a redonné de la valeur à l’ETP », conclut Normand Collet.

Publié : juin 2016

 

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