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Apprendre, observer et comparer

Jean-Louis, Géniot - stagiaire Haïti
Géniot Jean Louis, stagiaire haïtien poursuivant une maitrise en éducation

Six étudiants à la maitrise en éducation à Port-au-Prince, en Haïti, qui œuvrent déjà dans le domaine éducatif, ont séjourné à Winnipeg durant le mois de mai 2016 pour un stage de fin d’études. Observateurs dans des écoles francophones ou d’immersion du lundi au jeudi, ils ont bénéficié le vendredi de formations ciblées à l’Université de Saint-Boniface (USB).

Ce stage d’observation en milieu scolaire étranger est le produit d’un partenariat entre l’USB et l’Institut universitaire des sciences de l’éducation (IUSE-CREFI) de Port-au-Prince.

« On vit une expérience très enrichissante, se réjouit la stagiaire Mickline Léandre. J’apprends beaucoup. Au Canada, l’éducation est très différente de chez nous, surtout au niveau de l’aspect physique, organisationnel, de la salle de classe. J’ai pris beaucoup de photos pour montrer à mes collègues. »

Elle explique notamment qu’en Haïti les élèves sont assis sur des bancs, et ils sont nombreux. Ils ne sont donc pas libres de bouger. « Je voudrais changer ça, et peut-être aussi mettre des tapis », annonce-t-elle. Mickline Léandre travaille dans l’enseignement depuis dix ans et elle est conseillère pédagogique depuis deux ans.

Pour sa part, le stagiaire Rigal Lucas, qui est prêtre et responsable d’écoles depuis plus de 20 ans, avoue être épaté par la façon dont on gère la discipline au Canada. « Il n’y a pas d’expulsion ni de bureau de discipline, et l’approche est toujours très douce et calme ».

D’ailleurs, depuis le début de son stage, une école haïtienne dont il a la responsabilité a expulsé un élève. Plutôt que d’accepter automatiquement ce renvoi, son expérience manitobaine l’a poussé à demander la réintégration de l’élève à l’école.

En plus d’observer des pratiques en salles de classe, les six stagiaires ont pu bénéficier de formations à l’USB menées par des spécialistes sur divers sujets, tels que les élèves en difficultés d’apprentissage, l’inclusion des nouveaux arrivants, et les structures éducatives propres au Manitoba et à l’USB.

« On fait le rapprochement entre ce qui se fait ici et en Haïti, confie Géniot Jean Louis, lui-même enseignant de formation et directeur-fondateur d’une école. Que ce soit sur le plan macro ou micro, selon ce que nous avons pu entendre et observer, il semble essentiel que l’harmonie existe dans la hiérarchie. De plus, un style de leadershipparticipatif partout facilite les relations, et donc l’éducation intégrale de l’enfant. »

Il souligne par ailleurs à quel point la combinaison de formations théoriques à l’USB et d’observations dans les écoles a été importante pour mieux comprendre les rouages du système manitobain et pouvoir le comparer efficacement avec celui en Haïti.

« Ce stage nous a ouvert les yeux sur différentes pratiques qui existent pour qu’on puisse s’imprégner des meilleures, et les adapter à notre réalité haïtienne, affirme-t-il. Ça nous enrichit le mental de connaitre plusieurs options possibles en ce qui concerne la gestion d’une école. »

En effet, le partenariat profite tout autant à l’USB, dont l’une des missions de recherche est d’élargir ses liens avec la francophonie et de faire rayonner l’établissement dans le monde francophone.

« Quand on organise de tels stages en partenariat avec un établissement d’enseignement supérieur francophone à l’étranger, comme l’IUSE-CREFI, on s’enrichit mutuellement de nos expériences, étudiants comme établissements », conclut Jules Rocque, coordonnateur du stage pour l’USB et professeur en éducation.

Publié : juin 2016

 

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