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Un engagement exemplaire depuis 1976

André Fauchon, professeur de géographie à l'USB de 1976 à 2016
Après 40 ans comme professeur de géographie à l'Université de Saint-Boniface, André Fauchon prend sa retraite.

L’été 2016 annonce le départ à la retraite de l’unique professeur de géographie de l’Université de Saint‑Boniface (USB) depuis 1976.

André Fauchon garde un excellent souvenir de sa carrière à l’USB. « Je suis arrivé en 1976 de manière temporaire, pour prendre un peu d’expérience avant de retourner chez moi au Québec, se souvient-il. Mais j’ai tellement aimé mon travail, mes collègues et l’ambiance à l’USB que j’y suis finalement resté 40 ans! »

Formé en géographie physique, il a également enseigné la géographie politique, de la population ou encore européenne, car il était le seul professeur de géographie de l’USB. « Ça ne me laissait plus beaucoup de roches et de cailloux à enseigner, mais j’ai vraiment aimé donner tous ces cours, notamment celui de géographie politique, assure-t-il.

« Ma carrière à l’USB a fait de moi un véritable généraliste : je ne sais presque rien sur presque tout! », lance-t-il en blague.

En quatre décennies, André Fauchon a été témoin des transformations démographiques de l’USB. « En 1976, les hommes étaient beaucoup plus nombreux que les femmes et la population estudiantine était presque exclusivement franco-manitobaine, rapporte André Fauchon.

« Puis on a vu arriver les diplômés d’immersion et les étudiants internationaux, et la proportion homme/femme s’est renversée. J’ai même eu des classes de filles uniquement. Cette diversification a été une excellente chose pour mes cours. Mes étudiants internationaux et ceux issus de l’immersion étaient parfois les plus motivés. »

Par ailleurs, les programmes à l’USB se sont multipliés. « En 1976, il n’y avait qu’une seule faculté regroupant tout, et beaucoup moins de programmes que maintenant, raconte le professeur. Depuis dix ans, j’ai vécu la multiplication des programmes.

« Cela a réduit le nombre d’étudiants dans mes cours, car le bassin d’étudiants n’avait pas augmenté. Dans les années 1990, je pouvais avoir 75 étudiants par cours! » Il a cependant apprécié cette opportunité de travailler de façon plus individuelle avec ses étudiants, notamment dans les laboratoires de cartographie.

Une mission bien plus large

En plus de son poste de professeur, il assume des rôles clés en tant que président du Centre d’études franco-canadiennes de l’Ouest (CEFCO) depuis 2009, rédacteur en chef de la revue, les Cahiers franco-canadiens de l’Ouest depuis 1990 et directeur des Presses universitaires de Saint-Boniface depuis 1994.

En effet, André Fauchon a été invité à rejoindre le Bureau de direction du CEFCO en 1979, puis de nouveau en 1988 après un séjour à Paris de 1982 à 1986 pour y faire son doctorat. « Je n’avais aucune prédisposition pour diriger un centre de recherche et je ne connaissais pas encore bien l’Ouest, mais je ne savais pas dire non », confie-t-il.

Dans le cadre de son doctorat, André Fauchon a découvert Maurice Constantin-Weyer et en 1988, il a organisé une quinzaine culturelle sur cet auteur à Saint-Boniface, ce qui l’a ramené au CEFCO.

« Bien que j’étais doctorant en géographie, en France on encourageait beaucoup le mélange des disciplines, donc on m’a incité à lire des œuvres de Manitobains, explique-t-il. Constantin-Weyer a été pour moi une découverte. Aujourd’hui, j’ai probablement la plus grande collection de ses œuvres au Canada, et c’est cette collection que j’ai voulu exposer, pour le faire connaitre ici, car cet auteur a vécu dix ans au Manitoba. »

Maurice Constantin-Weyer a ainsi fait l’objet du tout premier Cahiers franco-canadiens de l’Ouest en 1989, et André Fauchon a été appelé à revenir au Bureau de direction du CEFCO et à y organiser ses colloques.

Il en a organisé six au total, dont un colloque international consacré à l’auteure franco-manitobaine Gabrielle Roy en 1995, accompagné de deux jours d’excursion au lac Poule d’eau et dans la région de La Montagne, des endroits chéris par cette auteure. « Le géographe était de retour! », plaisante-t-il. Il a aussi accepté la présidence du CEFCO de 2009 à 2015.

En 1990, André Fauchon est aussi devenu rédacteur en chef des Cahiers quand sa prédécesseure est partie. « Je n’y étais pas préparé, confie-t-il. J’ai appris sur le tas et ça a bien marché. On a publié environ 45 numéros, deux ou un double par an, en ligne et en version imprimée. J’y ai dépensé temps et énergie sans compter, et j’ai adoré ça. »

Il apprécie notamment sa chance d’avoir pu échanger avec tant d’auteurs et d’être le premier à lire leurs textes, des textes que, parfois, personne d’autre n’a jamais lus sous cette forme. La seule chose qu’il n’aura pas faite : « Écrire, car j’étais trop occupé! Mais je vais m’y mettre à ma retraite. Il n’y a pas assez de textes de géographie publiés au CEFCO. »

L’une des dernières œuvres d’André Fauchon au CEFCO a été de numériser toutes ses revues, ses bulletins et ses actes. Il tenait à ce que ces textes soient accessibles à tous en ligne, sur le site du CEFCO. C’est désormais chose faite depuis le printemps 2016.

En parallèle de la revue du CEFCO, André Fauchon a aussi été impliqué pendant 20 ans dans les Presses universitaires de Saint-Boniface. Il en est même devenu le directeur en 1994 et sous sa direction, les Presses ont publié des ouvrages jusqu’en 2014.

Il a également été chef de secteur pour les sciences sociales à l’USB, président du syndicat des professeurs à deux reprises, membre du Bureau des gouverneurs, président de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) au Manitoba et membre de son conseil d’administration au Canada, membre du conseil d’administration de la Société historique de Saint-Boniface, et au cours de ses 40 ans, il a « siégé à presque tous les comités de l’USB, sauf au Sénat », résume-t-il.

« Je connais André depuis le début des années 1990, alors que j’étais membre du comité de rédaction des Cahiers du CEFCO, raconte le professeur retraité de l’USB et toujours impliqué au CEFCO, François Lentz. En 25 ans, on a travaillé ensemble sur de nombreux projets et pour moi, il a toujours été une source d’inspiration constante.

« Son engagement envers le CEFCO et son mandat de promouvoir la francophonie, notamment celle de l’Ouest canadien, a été sans limites, son leadership très fort, et son expertise dans la production éditoriale, incontestable. Grâce à lui, les actes des colloques et les revues du CEFCO sont d’une qualité renommée jusqu’à l’international, et c’est toute l’image de l’USB qui en est rehaussée puisqu’elle abrite le CEFCO. »

L’ampleur de l’engagement d’André Fauchon a par ailleurs été reconnue par un prix Riel en 1995 et par les Palmes académiques françaises en 2004.

Publié : aout 2016

 

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